RESTER CRÉATIVE AVEC LUCI PINA
Cette semaine, nous rencontrons Luci Pina, collaboratrice de la collection printemps-été 2021, dont les illustrations figurent sur notre sweat à manches longues Twin Peaks et notre sweat à capuche Sheriffs Department. Le portfolio impressionnant de Luci repose sur un travail de recherche profondément ancré dans ses propres intérêts et convictions.« Animée par le besoin de s’intéresser à la culture noire et de la célébrer, son travail aborde souvent la politique et les questions liées à l’héritage à travers une approche du dessin et des supports qui est réactive, nuancée et intuitive, et qui s’étend parfois au personnel et au sentimental. »
Parlez-nous de vous : comment vous êtes-vous lancée dans la création d’images ?
J’ai fait de l’art tout au long de mes études, au lycée comme à l’université, donc la transition vers ce que je fais aujourd’hui s’est faite naturellement au fil de ma formation et de mes explorations de différentes voies. J’ai étudié l’illustration, ce qui m’a vraiment amenée à créer des images comme je le fais aujourd’hui.

Quels sont vos thèmes et axes d’exploration préférés ?
Je m’intéresse beaucoup aux pratiques fondées sur la recherche et à la manière dont elles répondent aux différentes facettes de l’art et de la culture, qu’il s’agisse de musique, de cinéma ou de littérature. J’ai donc tendance à commencer mes projets par le besoin d’apprendre et de m’intéresser au sujet que j’étudie. Cela a commencé avec mon projet de fin d’études à l’université, où j’ai pris pour point de départ la culture et l’histoire du hip-hop. Cela m’a amenée à explorer de manière très ludique et approfondie différents albums des années 90 et du début des années 2000, et a servi de base à ma façon d’aborder tous mes projets actuels. Cela commence toujours par des recherches et une immersion dans le sujet, puis je fais des croquis et je sélectionne des éléments parmi mes sources d’inspiration. C’est probablement encore mon projet préféré à ce jour : je me suis tellement amusée à travailler dessus et je pense que cela se voit vraiment. Il me rappelle de merveilleux souvenirs des derniers mois passés en atelier à l’université.


Pouvez-vous nous parler de votre contribution à notre nouvelle collection ? Quelles en ont été les sources d’inspiration ?
Ah, j’ai vraiment adoré travailler sur ce projet pour SCRT. J’avais l’impression que son point de départ correspondait tellement à ma façon de travailler qu’il ne me restait plus qu’à mener ces recherches et à m’inspirer de références liées à Twin Peaks, que j’avais déjà vu et adoré. Il s’agissait simplement de sélectionner des symboles, des citations et des phrases qui, selon moi, incarnaient l’essence de la série. Je pense aussi que ce qui est passionnant, c’est de voir ces idées prendre vie sur un objet physique, ce qui est vraiment génial. C’est agréable d’ajouter cette dimension tactile au travail, et cela m’a certainement incitée à réfléchir davantage à la manière dont mes images peuvent exister en dehors d’une page ou d’un fanzine.


Avez-vous essayé quelque chose de nouveau qui vous a fait sortir de votre zone de confort ? Comment cela s’est-il passé ?
Oui, je viens d’ailleurs de terminer une petite animation en réponse au travail de cet incroyable poète de Leeds. Je l’ai vu se produire à plusieurs reprises et j’ai eu envie de créer quelque chose, et il a été très enthousiaste à l’idée de me laisser le faire. Ce fut vraiment un défi : tout le processus d’animation est tellement différent de ma façon habituelle de travailler. Cela demande beaucoup de patience (que je n’ai pas vraiment, ahah), mais j’en suis très fière.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune créateur ou créatrice qui débute dans votre domaine ?
Je pense qu’en général, quand je pense aux jeunes créateurs, j’aimerais qu’il y ait moins de résistance et moins de souci de perfectionnisme autour de la création, ou de l’envie de toujours produire un travail excellent qui soit reconnu, surtout dans les espaces en ligne. J’ai l’impression que les gens se soucient trop d’Instagram et finissent par créer pour la plateforme au lieu de l’utiliser comme archive, ce qui peut vraiment gâcher le plaisir de créer. Donc, pour les conseils, je dirais : créez pour le plaisir de créer, partagez quand vous en avez envie et amusez-vous ! Et surtout, acceptez l’idée de créer des choses laides, brouillonnes et inachevées, car elles finissent par être plus intéressantes que quelque chose de très léché sur lequel vous avez passé des heures sans en profiter.
Et un bon conseil que j’ai reçu à l’université : créez le travail pour lequel vous souhaitez être commandée !

Votre film préféré / le film qui vous a le plus influencée ?
Honnêtement, je n’en regarde pas beaucoup, mais Babylon (1980) me vient à l’esprit et c’est un film incroyable, qui a vraiment inspiré mon projet reggae britannique par ses croisements entre race, musique et culture. C’est essentiellement tout ce que je veux que mon travail soit, et visuellement, c’est magnifique ! Un regard tellement fascinant sur l’essor du reggae et des sound systems dub en Grande-Bretagne.
Pour découvrir davantage le travail de Luci, suivez-la sur Instagram ici.

